L’ÉCHIQUIER DU MAL, 1 DE DAN SIMMONS

L’échiquier du mal, 1 (1992) de Dan Simmons…

Le résumé de l’éditeur de poche, ici: Ils ont le Talent.
Ils ont la capacité de pénétrer dans notre esprit pour nous transformer en marionnettes au service de leurs perversions et de leur appétit de pouvoir. Ils tirent les ficelles de l’histoire. Sans eux le nazisme n’aurait peut-être jamais existé, et nombre de flambées de violence, tueries, accidents inexpliqués n’auraient peut-être pas ensanglanté notre époque. Car ils se livrent aussi entre eux une guerre sans merci, selon des règles empruntées à celles des échecs.
Ce sont des vampires psychiques.
L’humanité entière ne constitue pour eux qu’un gigantesque terrain de jeu, propre à satisfaire leur irrépressible soif de pouvoir et de destruction.
Mais peut-être ce jeu est-il allé trop loin. Car vient un temps où toute victime finit par se rebeller.

Il ne faut pas se tromper, Dan Simmons est un auteur américain et j’ai le sentiment qu’il est imprégné par sa culture de l’entertainment.

L’échiquier du mal, 1 est un bon exemple, comme L’épée de Darwin et Flashback, que même s’il est classé science fiction, il est jalonné de ce qu’on peut appeler (en généralisant) d’actions. Il y a des courses poursuites, des flics et Dan Simmons ne rechigne pas à une fusillade.

C’est en ça que je trouve Dan Simmons, un auteur empreint de cette culture populaire, qui, si elle plaît pas à tout le monde, à au moins le mérite d’essayer de ne pas ennuyer le lecteur. Là où le cinéma se fourvoie dans une industrie devenue creuse mais incroyablement rentable, la littérature va dans l’action avec parcimonie.

L’échiquier du mal, 1 explore donc, avec exagération (ou extrapolation, la possibilité d’un monde dans lequel des êtres sont dotés d’un pouvoir de manipulation psychique.

Dans cette première partie de roman, Dan Simmons pose beaucoup d’éléments mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il explore le vice et la perversité sans retenue. Être mal à l’aise n’est pas impossible.

L’échiquier du mal, 1 foisonne de personnages à l’image d’une partie d’échec et il n’est pas impossible de s’y perdre au début mais cela ne dure pas. Dan Simmons focalise ses paragraphes sur tel ou tel personnage et l’histoire se dessine sous plusieurs angles ce qui amène un rythme plus lent, cette, mais on y gagne en intérêt.

Ce n’est que la première partie et j’aime bien ce qu’à fait Dan Simmons d’une histoire comme celle-là. J’en dirais plus sur ce que je pense de l’histoire dans la chronique du second tome.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

17 comments to “L’ÉCHIQUIER DU MAL, 1 DE DAN SIMMONS”
  1. « L’échiquier du mal » est le cas typique de ces romans reconnus et majoritairement encensés pour qui je suis passé complètement à côté à cause sans doute d’une tranche de vie (la mienne) qui ne pouvait être favorable à son thème. Je ne porte ainsi aucun jugement de valeur à son sujet. Il me faut tout banalement le relire.

    • Une lecture, c’est aussi un moment dans notre vie et il est peu probable que les deux ne soient pas liés ou que l’un est une incidence sur l’autre.
      Personnellement, j’ai une affection pour Dan Simmons mais je comprends qu’on puisse moins aimé.

  2. Je te suis pleinement dans l’ambiguïté de classification qui entoure « L’échiquier du mal ».
    Si, concernant, Hyperion, il n’y pas de doute: c’est de la SF.
    Si, concernant « Terreur » ou « Drood » (à une moindre certitude), c’est du Fantastique bon teint.
    « L’échiquier du mal » pose une incertitude: SF, Fantastique et/ou autre chose…?

    Les éditeurs successifs n’ont d’ailleurs pas réussi à trancher: pas d’étiquette concernant les collections « Présences » et « Lunes d’encre », toutes deux typées Imaginaire (sans précision); SF et Fantastique au sein de chez Denoël via « Présence du Futur » puis « Présence du Fantastique » (les deux pendants d’une même collection); « SF » seule chez Folio.

    Au final: où ranger « L’échiquier du mal » ? A mon sens c’est impossible de déterminer avec certitude. Ce n’est pas vraiment de la SF, ni du Fantastique, qu’est ce donc d’autre..?
    Un Olni ? Peut-être, mais là n’use t’on pas de facilité..?

    Par contre, il s’inscrit bien, belle réflexion de ta part, dans un registre populaire de roman d’action mais mâtiné d’extrapolation disséquée (jusqu’où peut t’on aller en usant de pouvoirs psychiques manipulateurs..?).

    Et c’est peut-être dans cette indétermination que Simmons m’a perdu, dans cette recherche que j’avais de ses intentions.
    En gros, j’en suis sorti en me disant: « Qu’à t’il voulu faire ? ».
    Je suis sorti de Drood avec la même question, mais à une bien moindre intensité: Fantastique ou hommage à Dickens ? Les deux mon capitaine..! Si je raisonne ainsi pour « L’échiquier »: SF, Fantastique, roman d’action, réflexions philosophiques ? ma réponse est « Je ne sais pas..! ». Et c’est ainsi que, sans nul doute, il me faudra une autre lecture pour poser à plat.
    Seule certitude, Simmons est un auteur qui chevauche souvent plusieurs genres au sein d’un même roman.

    • C’est peut-être pour ça que j’aime particulièrement Dan Simmons. C’est qu’il ne se limite pas au seul genre. L’histoire prime. Il n’est pas enfermé. Un auteur libre en somme. Et en y songeant, il est fort probable que beaucoup d’auteurs « genrés » se sente obliger de ne pas déborder.

    • @Nicolas: citation « Et en y songeant, il est fort probable que beaucoup d’auteurs « genrés » se sente obliger de ne pas déborder. » >>>>> Oui, Tout à fait. C’est un peu la loi des étiquettes accolées à tel ou tel auteur. S’y soustraire c’est perdre du lectorat attaché. D’où l’utilisation de pseudos pour aborder un autre rivage. S. King décrit çà très bien dans nombre de ses titres. Simmons a réussi à se montrer multi-faces, c’est devenu son étiquette, sa marque.

    • PS: Et là, on rentre dans le domaine de la notoriété qui ouvre toutes les portes et permet d’ouvrir d’autres horizons à l’auteur. Simmons l’a est sait la gérer. Et en conséquence il vend.

      RePs: Il existe de lui, un titre récent paru en anglo-saxonnie et qui n’a pas encore vu le jour en France. Le pitch tourne autour du Yéti himalayen revisité. Je ne sais pas ce qu’attend Robert Laffont.

    • Je ne dirais pas (encore) que ce que tu soulignes est sa marque de fabrique. Je n’en ai pas lu tant que ça en fait.
      La notoriété ouvre les portes d’une forme de liberté quand on sait s’en affranchir. Les grands noms/vendeurs du thriller sont dans des rails/ornières dont ils ne sortent pas. Et je parle de cette ornière au sein d’un même roman.
      Le yéti revisité, voila un pitch intéressant. Robert Laffont doit surement attendre une grosse demande française pour se lancer.

    • « Robert Laffont doit surement attendre une grosse demande française pour se lancer. »
      >>>> Je crois que c’est plus compliqué que çà.
      « Les grands noms/vendeurs du thriller sont dans des rails/ornières dont ils ne sortent pas. »
      >>> C’est un peu pour eux des branches sur lesquelles ils sont assis. De là à les couper..! Simmons est assis sur plusieurs chaises (« Terreur », « Hyperion », « Drood »..etc) et il me semble en changer dans le déroulé de ses intrigues (du moins dans les 3 cités).

    • Pour Laffont, tu penses à des problèmes de droits?
      Sans couper les branches, la nature est bien faite, l’arbre ajoute à ce qu’il a déjà.

    • On trouve sur Babelio ceci depuis 2015 (résumé éditeur en anglais+chronique)
      https://www.babelio.com/livres/Simmons-The-Abominable/674499
      Récemment, sur:
      https://www.actualitte.com/article/monde-edition/trois-nouveaux-romans-historico-fantastiques-de-dan-simmons-en-france/86843
      On en a des nouvelles..!
      Entre les deux, une attente assez longue. J’avais lu un truc qui l’expliquait: je ne le retrouve plus et ne me souviens plus vraiment.

      Quant à Hyperion en minisérie çà doit te mettre en joie..!

    • Encore une année à patienter puis 3 titres arriveront. Comme je ne m’occupe que 2 poches, il faudra que j’attende un peu plus. Mais j’ai d’autres titres à découvrir, donc ça va.
      Je ne vois pas comment ils vont adapter Hypérion. Ce me semble un projet voué à l’échec si tant est qu’il respecte l’oeuvre originale. La question est donc de savoir jusqu’où va aller la simplification?

    • David Lynch s’est essayé à Dune au début des 80’s. Dune et Hyperion sont deux planet-opéras denses et ébouriffés. Lynch a rendu au final une copie qui enthousiasment ceux qui n’ont pas lu Dune et qui laissent sur leur faim ceux qui l’ont lu. J’espère qu’Hypérion ne subira pas le même sort et fera l’unanimité.
      Un jour un jeune fan dit à Hergé en dédicace: « J’ai bien aimé ton Temple du Soleil en film, mais c’est dommage que Tintin n’y ait pas la même voix que dans les albums »
      Adapter Dune ou Hyperion c’est chercher à mettre en images, pour plaire aux spectateurs, ce que chacun d’eux à dans la tête. Et çà va être dur de contenter tout le monde.

    • Pour Dune, je n’ai pas aimé l’adaptation avant d’avoir lu les romans. C’est donc même pas un problème de retrouver ce que j’aurais pu imaginé à la lecture. La technique n’était pas à la hauteur.
      Pas mal cette anecdote sur Hergé.

    • Je n’avais entendu que de la tentative de Jodorowski. Avec les moyens (financier et technique) actuel de l’industrie US, il est fort probable de réussir.

  3. En ce qui me concerne, j’avoue que je ne cherche pas à connaitre les intentions des auteurs..je me laisse juste embarquer sans trop me poser de questions 😀

    • Souvent, les intentions des auteurs sont ou inexistantes ou flagrantes. Pas besoin de chercher. Pour certaines oeuvres plus fermées et ambigues, moi aussi je me demande ce que voulait transmettre l’auteur.

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