L’ARRACHE-COEUR DE BORIS VIAN

L'arrache-coeur de Boris Vian par Livrepoche.fr

L’arrache-coeur de Boris Vian…

Dans l’absolu, je serais le genre de lecteur à préférer lire les oeuvres d’un auteur en suivant la chronologie de l’écriture. Pour Boris Vian, c’est raté ! Et peut-être est-ce un tort !

Le résumé de l’éditeur de poche, iciVoilà un coin de campagne où l’on a de drôles de façons… La foire aux vieux, par exemple. Curieuse institution ! On sait bien aussi que tous les enfants peuvent voler comme des oiseaux dès qu’ils étendent leurs bras- mais est-ce une raison suffisante pour les enfermer derrière des murs de plus en plus hauts, de plus en plus clos ? Le psychiatre Jacquemort se le demande – puis ne se le demande plus, car il a trop à faire avec la honte des autres, qui s’écoule dans un bien sale ruisseau.
Mais nous, qui restons sur la rive, nous voyons que Boris Vian décrit simplement notre monde. En prenant chacun de nos mots habituels au pied de la lettre, il nous révèle le monstrueux pays qui nous entoure, celui de nos désirs les plus implacables, où chaque amour cache une haine, où les hommes rêvent de navires, et les femmes de murailles.

En respectant l’ordre chronologique, on peut voir l’évolution de l’oeuvre globale de l’auteur, son évolution autant stylistique que dans le choix des thèmes, des sujets et des façons de les traiter. De cette manière on est plus à même de comprendre un roman, une oeuvre, de le contextualiser dans la globalité. Mais je fais parti des lecteurs qui pensent qu’un livre (l’objet) doit se suffire à lui-même. Même dans le cas d’une trilogie. Je prends donc un livre après l’autre et l’analyse comme il vient, dans sa nudité.

Avec L’arrache-coeur de Boris Vian, je commence par sa dernière publication avant sa mort. Je savais déjà que ces oeuvres sont assez déjantées et celle-là ne déroge pas à la règle, voir plus, voir trop !

Dans la lignée des ouvres surréalistes que j’ai lu, j’allais en confiance vers L’arrache-coeur d’autant que Boris Vian bénéficie d’une réputation très positive qui perdure à travers le temps. Et ce petit roman, je me voyais le lire d’une traite ou presque.

Mais j’ai rapidement déchanté !

Tout d’abord, c’est le langage utilisé par Boris Vian, qui sans me déplaire, m’a rendu la lecture difficile, très peu fluide. Outre les néologismes, c’est l’ensemble de la structure de la phrase, le vocabulaire employé qui ne m’a pas plu du tout. J’avais l’impression d’être en confrontation avec les paragraphes, essayant de décortiquer le sens derrière les mots !

Si on ajoute à cela une histoire pas très claire, avec une linéarité en dents de scie, une ambiance un peu glauque, je dois avouer avoir eu hâte de terminer ce roman. Et je ne parle pas des moments surréalistes qui étaient plutôt bienvenus. Cela n’arrive pas souvent mais je suis resté opaque  à la musique de Boris Vian. Suis-je passé à côté de quelque chose ?

Alors certe, on peut lire en filigranes les envies de l’auteur de régler des comptes avec les mères de sa vie, les préoccupations de son époque. Il y a matière à l’analyse mais ces éléments n’aident en rien au plaisir de lecture.

Le roman part dans pas mal de directions sans but précis. Les focalisations finissent dans des impasses. Les folies développées ne sont pas abouties. Les portes ouvertes ne sont pas refermées. Est-ce parce que Boris Vian envisageait une trilogie que L’arrache-coeur est un roman, à mon sens, incomplet.

J’ai encore 2-3 livres de Boris Vian dans ma PAL, les très grands classiques et je me demande si je vais ressentir la même chose.

J’irai craché sur vos tombes et L’herbe rouge sont-ils du même acabit que L’arrache-coeur ?

J’attends vos avis !

Livrepoche.fr, un livre, une poche…

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