JE, FRANÇOIS VILLON DE JEAN TEULÉ

Je, François Villon de Jean Teulé pour livrepoche.fr

 Je n’ai que très rarement pris une claque telle que celle là. Certes, je connaissais de nom François Villon, peut-être même (dans ma prime jeunesse) ai-je essayé d’en lire les vers, mais son language si médiévaliste est si éloigné du notre que je n’ai pu entrer dans sa poésie. Elle était trop indéchiffrable. J’ignorais l’homme qu’il était.

Le résumé de l’éditeur de poche, ici : Il est peut-être né le jour de la mort de Jeanne d’Arc. On a pendu son père et supplicié sa mère. Il a étudié à l’université de Paris. Il a joui, menti, volé dès son plus jeune âge. Il a fréquenté les miséreux et les nantis, les curés, les assassins, les poètes et les rois. Aucun sentiment humain ne lui était étranger. Des plus sublimes aux plus atroces, il a commis tous les actes qu’un homme peut commettre. Il a traversé comme un météore trente années de l’histoire de son temps. Il a ouvert cette voie somptueuse qu’emprunteront à sa suite tous les autres poètes : l’absolue liberté. 
Après Rimbaud et Verlaine, Jean Teulé ne pouvait mieux clore son voyage en Poésie qu’en endossant avec orgueil et humilité les haillons magnifiques de François Villon.

Jean Teulé réussi une biographie très captivante dans laquelle il fait vivre un être à la psychologie assez confuse dont le mythe est plus grand que l’oeuvre. Il parvient à nous immerger dans cette France médiévale, brutale, violente, effroyable, avec une certaine légèreté d’écriture qui n’appartient qu’à lui.

Je, François Villon n’a rien à envier à tout ce que fait l’industrie horreur-trash-gore actuelle en matière de « cruauté » et de « souffrance ». Moi, qui pensais lire la gentille biographie d’un poète bucolique, me retrouve (avec un savoureux plaisir) dans les bas-fond de Paris du XVème siècle où les pires abus sont perpétrés.

Je, François Villon nous raconte le François Villon voleur, violeur, meurtrier, un poète sans morale , prêt à tout (mais dans quel but ?). Il sacrifie tout sans dire ni écrire ce qui le motive. Cherche-t-il à se tuer lui-même ? J’y retrouve le thème cher à Palahniuk (Fight Club) dans le principe de déconstruction de l’être. C’est, peut-être une fois que l’on a plus entendu parler de lui que François Villon est devenu lui-même ?

Le romanesque de la vie de François Villon méritait une biographie telle que l’a écrite Jean Teulé. Il est fort à parier que la lecture d’ouvrage tel que Je, François Villon à l’école ferait naître plus de passion pour l’histoire de France. Pour ma part, c’est une réelle découverte.

Livrepoche.fr, un livre, une poche…

6 Comments
  1. J’ai lu plusieurs romans de Jean Teulé et j’ai été que rarement déçue mais je ne connais pas celui la est-il aussi gore que Manger je si vous voulez ? Je vais dans doute me laisser tenter.

    • Je ne me rappelle pas le degré de « gore » de Mangez-le si vous vous voulez (lu il y a quelques années) mais ils se ressemblent dans leur intensité, une intensité superbement bien écrite !
      En aurez-vous à me conseiller particulièrement de lui ?

    • Ah oui « Mangez-le si vous voulez » était quand même très particulier…

      Perso j’ai beaucoup aimé « Le Magasin des Suicides », « Les lois de la gravité » et « Longues Peines ». Cela dit « Fleur de Tonnerre » était bien aussi.

      Tous en fait. =D

    • C’est fou, ce sont les livres que j’ai dans ma bibliothèque ! Sauf « fleur de tonnerre » !
      C’est peu dire que « mangez-le… » est très particulier, d’autant qu’il serait basé sur une histoire vraie !

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