FONDS PERDUS DE THOMAS PYNCHON

Fonds perdus de Thomas Pynchon par Livrepoche.fr

Fonds perdus de Thomas Pynchon…

Le résumé de l’éditeur de poche, ici:

New York, 2001. Comment se fait-il que la start-up du très louche Gabriel Ice n’ait pas sombré alors que le marché du Net s’est effondré ? Pour le savoir, Maxine, créatrice de l’agence d’enquête sur les fraudes Filés-Piégés, va plonger dans le Web Profond ? cette interzone quasi inaccessible, refuge des hackers anarchistes, des cybervoyous et des âmes perdues…

Thomas Pynchon, né en 1937 dans l’État de New York, est l’un des hommes les plus secrets de la littérature américaine. Il est notamment l’auteur de V, Contre-jour et Vice caché (adapté au cinéma par Paul Thomas Anderson en 2015).

Thomas Pynchon nous entraîne dans un univers d’illusions, de faux-semblants, de traces qui s’effacent à mesure qu’elles apparaissent, dans un monde dans lequel “quiconque s’approche trop de la vérité disparaît”.

Télérama

Haletant et drôle !

L’Express

Il va pas être facile de faire une petite analyse d’un roman tel que Fonds perdus car outre le temps passé à le lire (15 jours) qui me fait passer à côté de liens et d’une certain fluidité, c’est le fait de le lire en voyageant qui a dispersé ma concentration et passé certains jours à ne lire que quelques pages. Le résultat est une lecture très décousue et avec Thomas Pynchon, même si ce roman s’avère très agréable à lire, il est, sur la forme, assez complexe, ellipses et digressions se succédant assez régulièrement.

Fonds perdus, est à la fois un roman contemporain ET un roman historique. Si l’univers du Web et son langage ressemble à notre quotidien, la période choisie (2001), est un moment historique avec l’éclatement de la bulle internet doublé d’un évènement majeur dans les relations inter-états où la guerre non frontale (terrorisme) s’ajoute à celle traditionnelle. Sur fond de paranoïa, Thomas Pynchon parvient à tisser une histoire complexe et légère à la fois.

Le personnage principal de Fonds perdus, Maxine, nous ballade dans un NewYork ultra présent, rencontre une faune de personnages assez originaux. J’avoue ne pas avoir réussi à situer tous les personnages dans la hiérarchie de l’intrigue mais ce n’est pas tant le sujet de ce roman. C’est d’ailleurs une légère déception, car la quatrième de couverture laisse présager une sorte de polar mais la fin n’est pas la grande révélation attendue. Cependant, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre les pérégrinations de l’héroïne. La forme des dialogues nécessite un temps d’adaptation. Le ton est savoureux, marrant, très second degrés due au caractère attachant de la « voix » du roman, Maxine.

On ne peut pas faire le reproche à Thomas Pynchon de parler de ce qu’il ne connait pas. Fonds perdus est documenté, voire très documenté. Travaillant dans l’univers du web, j’ai pu saisir des références, traits d’humours lié à la programmation ou à l’univers nerds. Sans cela, je serais passé un peu à côté comme je suis passé à côté des références ciné qui ne sont pas toutes de ma culture. Roman riche, il est impossible d’en saisir toutes les nuances en une seule lecture.

Je me demande si Fonds perdus n’est pas la résultante d’une sorte de deuil, une sorte de résilience de l’auteur post nine-eleven, une synthèse des émotions, des analyses, des incertitudes, des réalités de cet évènement global et point de bascule du monde réel dans la terreur et la naissance de l’autre monde, le virtuel, nouvel eldorado, nouveau lieu de perdition et d’errance. Pour un temps seulement! Lieu qui redonne au sentiment américain de conquête le frisson de sa splendeur passée mais avec la lucidité de savoir ce qu’il va en faire, un lieu dénué de la liberté première, un lieu tout à la fois plein et vide.

J’avais déjà lu du Thomas Pynchon dans ma jeunesse mais sans retenir quoi que ce soit. À lire d’autres avis, je comprends que son style en est surement la cause, un style non linéaire, qui peut vraiment rendre une lecture non attentive très difficile. Mais ce n’est pas le cas de Fonds perdus, même si on ressent la patte de Pynchon, une envie de liberté narrative à vouloir explorer un filon du récit, il est parvenu à canaliser son propos de manière intelligible.

Je ne dirais pas que c’est une révélation, ni le roman de l’année. Thomas Pynchon écrit avec un style particulier, et je trouve toujours intéressant de croiser un auteur dont la forme du récit résonne différemment à l’oreille et vient titiller nos habitudes littéraires trop souvent pré-machées.

Livrepoche.fr, un livre, une poche…

3 Comments
    • Tant mieux car c’est un auteur américain déjà culte ! Et ce roman pourrait être son roman le plus accessible !

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