ENFANCE DE MAXIME GORKI

Enfance de Maxime Gorki par Livrepoche.fr

Enfance de Maxime Gorki…

Le résumé de l’éditeur de poche, ici«Je restai très longtemps immobile près du lit, la tasse à la main, regardant le visage qui se figeait et devenait gris.
Lorsque grand-père entra, je lui dis :
« Elle est morte, ma mère. »
Il jeta un coup d’œil vers le lit :
« Qu’est-ce que tu racontes ? »…
Quelques jours après l’enterrement, grand-père me dit :
« Eh bien, Alexis, tu n’es pas une médaille, tu ne peux pas rester toujours pendu à mon cou, va donc gagner ton pain… »
Et je partis gagner mon pain.»

Si j’ai une certaine fascination pour l’âme russe de misère à travers Dostoïevski, que peut-il en être avec Maxime Gorki (dont il est dit qu’ils s’opposent). Ce que j’en ai lu pourtant, met en lumière ce qui les rapproche. Et ce trait commun, c’est un des éléments les plus incompréhensible pour moi, une sorte de prédisposition à la folie. Mais une folie unique, engendré depuis des temps immémoriaux, une folie qui pourrait en partie expliquer pourquoi les russes, de nos jours, nous paraissent si lointain.

Là où Dostoïevski nous met en position d’être le fou, Maxime Gorki, lui nous pose en témoin. De son vrai nom, Alexis Maxime Pechkov, Maxime Gorki nous raconte son Enfance dans un récit autobiographique en 3 parties (Enfance, En gagnant mon pain et Mes universités). Comme son titre l’indique, Enfance traite de l’enfance de ce grand écrivain (dont j’ignorais le nom jusqu’à ce que mon beau-père me l’offre).

Et ce récit est très dur si l’on s’en tient au fait mais la personnalité du personnage principal vu par l’auteur qu’il est devenu installe une distance salvatrice et allège le drame de sa vie durant cette période là. Autant le dire, cela ne se lit pas avec un mouchoir.

Enfance de Maxime Gorki, c’est une des pistes qui peuvent expliquer pourquoi l’âme russe est faite de paradoxes et de comportements étranges. La violence, la rigueur et une incroyable pression sociale construisent sur les ruines de la tendresse une exagération en tout.

À travers sa plume, Maxime Gorki développe assez précisément le façonnage de l’adulte instable qu’il est devenu et auquel son Enfance doit beaucoup. L’amour et le mépris. La haine et l’indifférence. Je n’aime pas en dire plus car je ne veux pas dévoiler l’action. Je souhaite que le lecteur se retrouve neuf devant chaque page et ne sache pas ce qui suit.

Là où Dostoïevski pénétrait la pensée de ses personnages, Maxime Gorki, dans un style plus classique, plus académique m’a laissé un peu sur le côté. Et son style s’est avéré assez froid, distant par rapport aux évènements, comme s’il avait installé une barrière pour se protéger de cet Enfance terrible.

Livrepoche.fr, un livre, une poche…

10 Comments
    • Je ne connaissais pas cet auteur avant ! Je le trouve quand même en dessous de Gogol, de Tolstoï (même si je n’ai pas un grand souvenir de Anna Karenine), de Pouchkine, de Boulgakov et du maître Dostoïevski… Je me pencherais sur les 2 autres récits qui composent une trilogie mais je n’irais pas plus loin avec Gorki je pense.
      Et ça me fait penser qu’il faut que j’ajoute à ma liste tous les Gogol et Boulgakov que je n’ai pas lu, c’est à dire beaucoup d’oeuvres.

      Biblioblogeuse, tu me conseilles quel auteur russe à rajouter à cette liste ?

    • Tu as bien sûr cité les plus grands, mais tu peux rajouter Tchékhov. Je sais qu’il a écrit des nouvelles, mais je ne connais qu’une (petite) partie de son théâtre que je trouve très beau. J’ai lu aussi un Soljenistyne (Le pavillon des cancéreux) lorsque j’étais ado mais mieux vaut avoir le moral… ça se voit rien qu’au titre. Bonnes lectures !

  1. Dostoievsky c’était un exalté et c’est ce qui est passionnant à lire. J’aime beaucoup l’Idiot, je crois que c’est mon préféré. Je n’ai jamsi lu Gorki, je ne sais pas s’il me plairait

  2. Gorki souffrirait-il de la comparaison à Dostoïevski?

    Je reste curieuse, même s’il t’a laissé un peu par la « froideur’ de son écriture sur le côté comme tu le dis.
    Il y a des distances nécessaires paraît-il ^^

    • Il en souffre C’era mais j’y suis allé, comme toutes mes lectures d’auteurs que je ne connais pas, en essayant d’entendre la petite musique de leur style, en essayant de capter le silence entre les phrases, le non-dit.
      Si ce récit autobiographique est majoritairement vrai, je comprends que le garçon (jeunesse de l’auteur) ai du créer des barrières mentales, psychologiques pour ne pas trop souffrir.
      Ce qu’il me reste à le lecture ne m’a pas trop séduit.

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