Débâcle de Lize Spit

Débâcle (2016) de Lize Spit, traduit par Emmanuelle Tardif…

Le résumé de l’éditeur: À Bovenmeer, un petit village flamand, seuls trois bébés sont nés en 1988 : Laurens, Pim et Eva. Enfants, les “trois mousquetaires” sont inséparables, mais l’adolescence s’insinue dans leur intimité et crée petit à petit une fissure irrévocable. Un été de canicule, les deux garçons conçoivent un stratagème pour faire se déshabiller devant eux les plus jolies filles du village. Il est simple et efficace : la candidate devra résoudre une énigme ; à chaque erreur, il lui faudra enlever un vêtement. Et c’est Eva qui servira d’arbitre si elle veut rester dans la bande. Elle accepte, sans savoir que cet “été meurtrier” la marquera à jamais. Treize ans plus tard, devenue adulte, Eva retourne pour la première fois dans son village natal. Cette fois, c’est elle qui a un plan…

Avouez que cette couverture est démente. Choquante. Dérangeante. Elle prend au ventre. Débâcle de Lize Spit, c’est un roman de l’enfance mais c’est tout sauf innocent. J’ai adoré suivre les moments tragi-comiques d’Eva la narratrice.

Débâcle se déroule sur 2 époques (en gros) mais c’est clairement celle de l’enfance (12 ans) qu’est le coeur du roman. Lize Spit raconte, avec une langue crue, les angoisses, les affres mais aussi les bonheurs. On rit et on frissonne. Car la jeunesse que l’autrice décrit n’est pas tendre. La violence y est omniprésente, physique comme psychologique. La solitude derrière les amitiés.

Lize Spit signe un 1er roman perturbant. Très bien construit, Débâcle maintient une tension sourde tout du long. On sent que tout y est possible. Certaines scènes peuvent choquer, j’en conviens mais ce n’est pas une raison pour éviter de lire Débâcle.

Je n’ai pas du tout eu l’enfance que décrit Lize Spit et je me fait l’effet d’être un enfant de choeur car si ce que raconte l’autrice peut arriver ou lui est arrivé, j’ai mal à la jeunesse. En tous cas, le ton que donne Lize Spit à ce roman à travers la vision de sa narratrice ne plombe pas du tout l’histoire et l’équilibre est parfaitement trouvé entre le fond et le ton. On est porté par cet âge des possibles, cette période d’insouciance où le drame tutoie les crises de rires.

J’ai lu un commentaire sur Babelio qui disait que le titre et la couverture ne rendait pas bien l’univers de Débâcle et c’est vrai.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

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