CUJO DE STEPHEN KING

Cujo (1982) de Stephen King…

Le résumé de l’éditeur de poche, ici: Cujo est un saint-bernard de cent kilos, le meilleur ami de Brett Camber, qui a dix ans. Un jour, Cujo chasse un lapin qui se réfugie dans une sorte de petite grotte souterraine habitée par des chauves-souris.
Ce qui va arriver à Cujo et à ceux qui auront le malheur de l’approcher constitue le sujet du roman le plus terrifiant que Stephen King ait jamais écrit. Brett et ses parents, leur voisin Vic Trenton et sa femme Donna, un couple en crise, Tad, leur petit garçon, en proie depuis des semaines à des terreurs nocturnes : tous vont être précipités dans un véritable typhon d’épouvante, un cauchemar nommé Cujo…
Publié il y a vingt-cinq ans, Cujo reste une des œuvres majeures de Stephen King, et un classique de l’épouvante.

Une nouvelle fois, Stephen King me surprend dans l’attente que je place à chaque nouvelle lecture. Cujo n’est pas le roman d’horreur que j’attendais. Il n’y a pas dans ce roman la surenchère du pire, tout juste une exagération, une extrapolation du réel pour arriver à la limite du crédible, du probable mais au-delà du normal.

Cujo, c’est le roman qui va me faire lire Stephen King différemment. Si j’allais vers cet auteur, c’était pour prendre ma dose de frissons, d’horreur, de fantastique. Je ne sais pas si c’est la sélection que j’ai opéré dans la bibliographie de l’auteur mais ceux que j’ai lu jusqu’à présent se révèlent plus riches que leurs genres. Il y a du sociétal, du fondamental dans ses oeuvres.

La peinture de la société faite par Stephen King dans Cujo est tout aussi importante que les éléments de terreur que le chien fait naitre. C’est même une composante essentielle à mon sens. Là où d’autres auteurs s’occupent des éléments fantastiques, d’horreurs ou autres et délaissant un peu l’humain, Stephen King, lui, s’attèle à dresser des portraits entiers et indéniablement bien construits. J’ai même lu dans un commentaire de chronique qu’il était possible de lire Cujo comme une métaphore de la rédemption sur fond judéo-chrétien (cf Donna). Intéressant!

C’est désormais à travers ce nouveau prisme que je vais m’atteler à la lecture de Stephen King, le maître du fantastique, de l’horreur mais pas que…


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

43 comments to “CUJO DE STEPHEN KING”
  1. Il y a quelques King que je n’ai pas lu. Avec Shining, Christine, Salem… il ya aussi ce Cujo. De l’avis de nombreux chroniqueurs j’ai loupé le meilleur.

    • Je ne suis qu’au début de ma découverte de Stephen King mais j’ai l’impression que les titres dont tu parles sont les classiques de l’auteur (donc incontournable)

  2. moi je ne dirais pas que Cujo fasse partie des meilleurs.. j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs, mais la construction est bien menée et c’est stressant..( PS: il est vacciné ton chien j’espère??) 😀

    • Pour jauger des meilleurs ou non, outre les goûts de chacun, il faut en avoir lu beaucoup et ce n’est pas mon cas. Cujo est bien mené mais, c’est vrai, je n’ai pas l’impression qu’il soit le meilleur.

  3. Ses meilleurs (à mon goût): Simetière, Cà, La part des ténèbres. A noter que le King qui me branche n’est pas celui qui nous plonge dans l’horreur ponctuellement au coeur de ses romans mais celui qui digresse, qui étale sur de très longues pages des faits sans rapport directs avec l’action en cours. En ce sens Cà, si on lui ôte le clown et ses exactions, apparait comme un magnifique roman traitant de l’enfance. Et cet aspect là, digressif et sur des voies de garage, est d’autant plus prégnant que le volume est quantitativement d’importance.

    Poue en revenir au sujet de la chronique: « Cujo, un roman qui a du chien »

    • Tu as tout à fait raison sur les digressions car c’est finalement la composante principale des romans de King qu’il saupoudre d’horreur, de fantastique ou autres. Et ce que tu dis sur Ça, me donne envie de le sortir de la PAL!

    • C’est de cette façon que je vais commencer à le percevoir. Non pas comme un auteur d’horreur/fantastique avec un fond sociétal mais comme un auteur contemporain, fin analyste de son époque qui se sert du fantastique pour extrapoler les comportements humains.

  4. Faut pas exagérer non plus..!:MDR. Est-ce en littérature générale qu’il se serait fait un max de flouze ? Je ne pense pas. Il a quelque part choisi son camp et réussi son coup au fil d’une longue et fructueuse carrière. Je ne sais plus où et quand et de qui j’ai lu çà lorsque il a été dit de lui quelque chose du genre: « il pourrait décrire le contenu de sa poubelle que son lecteur y trouverait de l’intérêt ».

    • Intéressant cette anecdote sur la poubelle car j’ai adoré le plan de la poubelle du film Fight club de David Fincher. Un plan audacieux que j’adore. 😉
      Tu as l’air de ne pas spécialement apprécier la carrière de King?

  5. Mais si. L’anecdote révèle qu’en tant que conteur né il sait écrire et retenir son lecteur même quand ses digressions flirtent avec l’insignifiant. Ici, à mon sens, ce n’est pas un défaut mais vraiment une qualité, il a une patte d’écrivain d’importance, il sait ce qu’il fait et la manière dont il nous mène. A titre d’exemple, en territoire SF, avec 21/11/63, non seulement il nous parle avec brio d’un étonnant voyage dans le temps et de ses conséquences mais m’a chaviré de nostalgie avec son étalage dans les moindres détails de ce qui faisait le quotidien de l’américain lambda. J’y suis allé pour çà, dans ce pavé et n’est pas été déçu, j’y ai retrouvé des choses de mon enfance et çà c’est un vrai bonheur..
    Il a quand même offert au fantastique une flopée d’excellents titres à des amateurs de deux générations au moins. Même s’il a connu un creux de vague, il semble maintenant remonter vers son meilleur.
    Longue vie au King..!

  6. 22/11/63 je l’ai acheté dernièrement chez un bouquiniste…j’ai lu bq de bonnes critiques pour ce livre, mais il est tellement épais qu’il faut se préparer psychologiquement avant de l’entamer 😀

    • C’est comme du petit lait. Le pavé passe sans problème. Faut quand même peut-être avoir eu les petits petons de l’enfance au coeur des 50’s et des 60’s.
      Attention léger spoiler: le tout m’a emballé à l’exception de la toute fin, du mauvais procès de King à l’encontre d’un JFK qui n’a pas été fauché par les balles de son (ou de ses) assassins.

  7. On revient tous, à un moment ou un autre, à King. Il fonctionne presque comme une valeur sure vers laquelle se tourner quand le choix est difficile à l’issue d’une lecture achevée. Me concernant çà fonctionne aussi avec Maigret. Et pourquoi ne pas changer ..? Salem me tente.

  8. Cujo ne faisait pas partie de mes priorités dans la bibliographie de Stephen King mais maintenant, j’ai très envie de le lire ! Pour le moment, je suis totalement plongée dans l’atmosphère du premier tome de Ça, je suis rarement déçue avec cet auteur.

    • Je l’ai dans ma bibliothèque et je lorgne de plus en plus sur Ça. Je vais pas tarder à franchir le pas mais faut que je me fasse Dumas avant.

  9. Moi cujo ne serait ce qu’ a cause du chien je ne le lirais pas. J attaque justement 22/11/63. Je n aime pas les livres ou film sur les animaux quand ils leur arrive des trucs. Car fait pleurer

    • Encore un roman culte. Je suis en train de me rendre compte que si je ne lis pas King plus souvent, je ne pourrais pas tout lire.

  10. Ce que j’aime aussi en lisant les blogs des copinautes, ce sont les échanges qui en découlent. Et ce que dit Avin Morganex est très intéressant.
    Je plussoie son commentaire sur Çà qui m’a conquise. J’ai noirci un tas de pages d’un cahier de citations tirées de cette histoire.
    King a un talent fou pour embarquer son lecteur c’est indéniable. Au-delà du frisson, il y a une peinture de la société qui pousse à la réflexion. Et c’est ce que j’aime quand je le lis.

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