Borgo vecchio de Giosué Calaciura

Borgo vecchio (2017) de Giosué Calaciura, Prix Marco Polo Venise 2019, traduit par Lise Chapuis…

Le résumé de l’éditeur: Mimmo et Cristofaro sont amis à la vie à la mort, camarades de classe et complices d’école buissonnière. Cristofaro qui, chaque soir, pleure la bière de son père. Mimmo qui aime Celeste, captive du balcon quand Carmela, sa mère, s’agenouille sur le lit pour prier la Vierge tandis que les hommes du quartier se plient au-dessus d’elle. Tous rêvent d’avoir pour père Totò le pickpocket, coureur insaisissable et héros du Borgo Vecchio, qui, s’il détrousse sans vergogne les dames du centre-ville, garde son pistolet dans sa chaussette pour résister plus aisément à la tentation de s’en servir. Un pistolet que Mimmo voudrait bien utiliser contre le père de Cristofaro, pour sauver son ami d’une mort certaine. Il y a la mer, d’un côté du Borgo Vecchio, dont le vent apporte les parfums de viande chez ceux qui, de la viande, n’en mangent jamais. De l’autre, la plaine brûlante de la métropole, ses magasins, ses bourgeois, la loi et ses gardiens. Son marché aux balances truquées, ses venelles tortueuses et antiques, dans lesquelles la police n’ose pas s’aventurer.

Voila un roman, un conte dramatique qui m’a beaucoup plu. Borgo Vecchio de Giosué Calaciura. L’histoire se déroule a une époque peu définie, dans le quartier populaire d’une ville italienne, où les personnages caricaturaux, ou plutôt archétypaux, jouent une symphonie que le style de l’auteur magnifie.

En effet, ce roman, c’est avant tout un style au lyrisme certain dont la poésie du quotidien transcende l’intrigue. Je pense à ce passage sur l’odeur du pain de la fournée du soir qui nous fait voyager dans le quartier à travers ses personnages et leur quotidien.

Le drame annoncé, en suspens jusqu’à la fin pourrait plomber Borgo Vecchio mais l’onirisme de la plume de Giosué Calaciura allège le tout pour un texte tout en équilibre et en justesse.

Une réussite. En tout point. J’ai beaucoup aimé l’ensemble des personnages qui ne font qu’un avec le quartier. En un sens, Borgo Vecchio est la peinture d’un style de vie disparu. De la simplicité à la convivialité. Une vie de village où tout le monde se connait, où tout le monde partage les même galères.

Giosué Calaciura a réussi à restituer cette atmosphère empreint d’une nostalgie douce amère dans cette histoire émouvante et touchante. J’ai très envie de lire d’autres romans de l’auteur pour voir si son style se transpose dans un autre contexte.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

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