Pottsville, 1280 habitants de Jim Thompson

Pottsville, 1280 habitants (1964) de Jim Thompson, traduit par Jean-Paul Gratia…

Le résumé de l’éditeur: Shérif de Pottsville, 1280 habitants, au début du vingtième siècle, Nick Corey évite de trop se fatiguer à se mêler des affaires de ses administrés. Débonnaire, apparemment pas très malin, il se laisse même contester et humilier en public. Comme si ça ne suffisait pas, il est cocu et pourrait bien perdre son poste aux prochaines élections. Il décide donc de commencer à faire le ménage…

Bon. Je crois que je suis ferré. Séduit par cet auteur dont je n’entend pas beaucoup le nom, Jim Thompson. 3e romans de l’auteur a passé entres mes mains et toujours charmé par le ton. Après Éliminatoires et Monsieur Zéro, je m’attelle à Pottsville, 1280 habitants, un roman avec une petite histoire autour de la précédente et première édition française dont le titre a été réduit à 1275 âmes.

Si j’ai choisis ce titre de Jim Thompson, c’est aussi et surtout pour enchainer avec le roman de Jean-Bernard Pouy, 1280 âmes, qui s’attèle à enquêter sur les 5 disparitions de la VF.

Pour parler de Pottsville, 1280 habitants, je dois dire qu’avec ce ton léger et joueur, Jim Thompson nous fait avaler des couleuvres et nous raconte une histoire savoureuse, principalement grâce au narrateur qui nous fait passer par pas mal d’émotions et de sentiments contradictoires à son égard. Il faut le dire, Nick à toutes les qualités d’une home détestable. Fainéant d’abord, puis manipulateur et trompeur par la suite et j’en passe. Un régal de roman noir.

L’air de rien, ce roman de Jim Thompson parle de politique et de moeurs au début du XXe siècle mais le fond n’est pas ce qui prime car c’est plutôt le plaisir du « mauvais genre » qui l’emporte. Le plaisir de la régression à la fois pour l’auteur mais aussi pour le lecteur. 

Le petit village de Pottsville, 1280 habitants devient le théâtre du changement d’attitude de Nick dont l’approche des élections (les shérifs sont des élus) est le déclencheur d’une succession d’évènements aussi surprenants qu’immoraux.

J’ai donc beaucoup aimé ce divertissant roman noir de Jim Thompson et cela me donne désormais l’envie de lire beaucoup d’autres romans de l’auteur.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

23 comments to “Pottsville, 1280 habitants de Jim Thompson”
    • J’ai beaucoup aimé, c’est vrai. Pour autant, le personnage m’est resté bien sympathique malgré ses coups tordus. Peut-être ne suis-je pas si clair que ça dans ma tête?

    • Le perso central fait l’unanimité, rassures-toi, on l’adore tous malgré ce qu’il est. Etrange paradoxe que celui de trouver attachant un homme aussi lâche et veule que lui. J’attends ta chronique avec impatience.

    • et aussi pervers-narcissique, ordure, fumier, dégueulasse, lâche, myho, pique-assiette..et j’en passe. Intelligent ou débile, on hésite. Mais on l’a quand même à la bonne.
      Il étonne tout du long du roman.

    • Pas vu le film! En tout cas, c’est parce que je voulais lire le roman de Pouy que j’ai d’abord lu celui-là, non sans déplaisir.

    • Citation tirée de « coup de torchon »:
      Philippe Noiret: « J’dis pas qu’t’as tort, mais j’dis pas qu’t’as raison non plus. Parce que de toutes façons, même si je suis ce que tu dis, c’est pas des choses à m’reprocher parce que j’suis pas tout seul à être comme ça. »

    • La première phrase est une des ritournelles du narrateur et ça donne le ton sur sa capacité à louvoyer sans donner son avis.

    • Ah, çà, pour louvoyer, il louvoie. Ce n’est plus un défaut mais du grand art, du genre sublime à se faire médailler.
      Ps: à force de chercher des trucs de droite et de gauche autour du bouquin et du film je suis tombé sur l’explication des 5 âmes en moins. Zut de zut de patafouille à badigoinces de spoiler. C’est tout simple.

    • Ma première réaction est de te demander quel est cette raison toute simple mais est-ce possible que ça spoile le roman de Pouy auquel cas, je préfère ne rien savoir.

  1. Bon, je viens de lire ta chronique mise en ligne aujourd’hui (je la guettais). Je partage ton ressenti: les couleuvres et le bon moment noir qu’il faut renouveler en lisant d’autres titres.

    Bertrand Tavernier a longtemps rêvé d’adapter le roman, ne souhaitait pas lui donner la couleur southern US initiale mais l’inscrire dans un cadre franchement franchouillard pur où donner des dialogues vifs et immoraux en rafales. Il ne trouvait pas l’angle. L’affaire a longtemps traîné sans que la solution ne vienne. L’idée vint (1983) de transposer le tout en Afrique coloniale française juste avant que n’éclate la Seconde Guerre Mondiale, à une époque où une vie de noir ne pesait pas grand chose. Au casting, du beau monde: Philippe Noiret, Isabelle Huppert, Stephanne Audran, Eddy Mitchell, Guy Marchand, Jean-Pierre Marielle..etc. Le titre: « Coup de torchon ». Le résultat est atypique, jubilatoire, immoral, culte, cochon, vicieux, argotique, poétique, sacrilège, savoureux, démoniaque, politiquement incorrect et tout et tout et j’en passe. En somme ce qu’est le roman. Si tu veux entendre jurer Huppert comme un charretier, si tu veux savoir pourquoi les chiens se reniflent le trou de b****,vas-y, ce n’est que du bonheur.

    A noter que, tenté par ton itinéraire vers la résolution du mystère des 5 âmes envolées, je vais relire le roman dans sa première traduction et enchaîner par le Pouy qui m’intrigue au plus haut point.

    • Thompson n’est pas de ses auteurs très attractif de prime abord. Ma première lecture a été le fruit d’un hasard forcé.

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