La contre-nature des choses de Tony Burgess

La contre-nature des choses (2013) de Tony Burgess, traduit par Hélène Frappat…

Le résumé de l’éditeur: Un homme au bout du rouleau – le narrateur – sil­lonne un paysage de fin du monde sans lever les yeux. Tout là-haut, dans ce qu’il reste de l’ancien ciel et qu’il évite de regarder, l’Orbite charrie un milliard de cadavres. Parce qu’au bout du compte, l’apocalypse zombie aura surtout généré un gigantesque problème de gestion des déchets. Les brûler dans des fours géants ? Trop de mauvais souvenirs. Les enterrer ? On a bien essayé, mais pour se retrouver avec des hectares de boue grouillante. Alors on s’est mis à les envoyer là-haut. Quant à lui, il doit se trouver un fils avant le soir, autrement dit kidnapper un gosse pour qu’il l’aide à accomplir une mystérieuse mission.
Et puis il y a Dixon, son double maléfique, une vieille connaissance devenue vendeur de cadavres et un authentique génie du mal. Dixon pratique des tortures d’une barbarie et d’une sophistication pornographique qui en font l’homme le plus redouté parmi ce qu’il reste de survivants sur cette planète presque totalement in­hospitalière. Entre le narrateur et lui, un duel s’engage. L’occasion, pour Tony Burgess, d’ajouter à l’Enfer de Dante une multiplicité de cercles dont la puissance tient autant à leur imagerie traumatiquement poétique qu’à leur caractère politique de prémonition.

Mais pourquoi me suis-je lancé dans la lecture de La contre-nature des choses ? Je ne connaissais pas Tony Burgess mais un résumé intrigant et une couverture soignée ont joué ainsi que la longueur du roman. J’avais besoin d’enchaîner rapidement quelques titres après certaines plus longues (Brandon Sanderson, Mohammad Rabie et Émile Zola).

Une nouvelle fois, je tombe sur un roman qui est doté d’une violence intrinsèque, une violence qui défait les codes du rapport aux corps et déstabilisé le lecteur que je suis. Tony Burgess revisite le genre des zombies pour n’en faire que des humains morts dont les membres et la chair continuent de se mouvoir. Ça laisse la place à une fantasy débridée mais La contre-nature des choses, c’est un parti-pris stylistique fort.

La narration à la première personne nous plonge dans la vision subjective d’un protagoniste qui bascule. C’est malade. C’est viscéral. C’est opaque. Mais pas dénué d’intérêt. Le texte est peut-être un peu trop court et cela ne m’a pas permis d’être certain d’avoir bien cerné les scènes racontées, mais le risque était de perdre la folie de la transition.

La contre-nature des choses est un roman étrange avec quelques scènes tellement surréalistes qu’on est obligé de sourire. Il est difficile de définir où se place mon avis entre la curiosité d’une série B ou oeuvre géniale qui se cache dans l’exagéré et l’absurde.

Je veux votre avis sur ce roman ou sur Tony Burgess.


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