JOYEUX NOËL D’ALEXANDRE JARDIN

Joyeux Noël d'Alexandre Jardin

Joyeux Noël , le livre dans son ensemble, ou Joyeux Noël, le roman dans le livre. Car Alexandre Jardin brouille les cartes et il est difficile de démêler le vrai du faux dans cet objet de littérature qui vaut le détour ne serais-ce que par la posture philosophique défendue par l’auteur de Des gens très bien, roman qui illustrait ce paradigme.

Le résumé de l’éditeur de poche, ici :

Croyez-moi, il est possible de mener sa vie en disant tout. Une existence sans déni… Sans angle mort… s’écria la jeune femme. Vous n’avez donc aucun secret ? Si, des montagnes ! rétorqua-t-elle. Alors ? Mes secrets me construisent, mes angles morts me détruisent. Puis elle ajouta avec jubilation : A Noël, j’offrirai le plus beau des cadeaux : ma vérité… A ceux que j’aime, ma famille. C’est comme cela qu’il faut vivre… Nous serons vieux plus tard. Joyeux Noël !

Après ses aveux sur le passé collaborationniste de son grand-père dans Des gens très bien, Alexandre Jardin s’inspire ici du témoignage d’une jeune femme venue lui révéler sa lourde histoire. Ils ont en commun la volonté de combattre les « angles morts », ces mensonges qui empêchent de vivre heureux, et de faire éclater la vérité sur leur famille.

Suite logique et lourdement amenée par une présentation et un prologue, Joyeux Noël tire tellement vers le burlesque qu’il est très difficile de le percevoir comme vrai. Vers le burlesque et le macabre. Car J’ose croire qu’il y a tant de vices dans une seule famille uniquement pour alimenter les propos d’un écrivain chevronné. Et je ne parle que de la famille car l’île est du même acabit que la famille Diskredapl.

Que l’auteur se fasse le chantre de la sincérité débridée, soit ; accordons-lui qu’il est en total décalage avec la société actuelle de ses confrères et que même s’il le fait sans grand risque (il est vertueux), il y a quand même du courage. Mais vouloir nous faire croire que son roman est vrai dévalorise la portée symbolique de son message. Joyeux Noël, Le roman de la famille de Norma et des habitants de l’île mystérieuse est une belle exagération sur l’humanité, sur ses vices et ses manipulations de la réalité. Ce roman là m’aurait suffit.

Alexandre Jardin fait montre d’une belle maitrise de la plume pour nous engluer dans le possible de Joyeux Noël. Je n’ai pas lu les autres romans de l’auteur et je me demande si ce ne fut pas une erreur vu l’évolution que semble prendre son oeuvre littéraire.

Livrepoche.fr, un livre, une poche…

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