JE NE SUIS PAS UN SERIAL KILLER DE DAN WELLS

Je ne suis pas un serial killer de Dan Wells

Je ne suis pas un serial killer annonce le ton. On va parler de serial killer. Et si la filiation avec la série Dexter n’était pas si proche alors le roman aurait sans nul doute était d’une originalité bienvenue. Mais…

Dexter existe.

Le résumé de l’éditeur de poche, ici :

1) Ne pas regarder les gens trop longtemps.
2) Ne pas éviscérer les animaux.
3) Ne nourrir que des pensées positives.
Son psy en convient, John Wayne Cleaver est sociopathe. À 15 ans, le charmant jeune homme fait de son mieux pour contrôler ses pulsions homicides, règles à l’appui. Ce qui n’a rien d’évident : sa mère tient le funérarium local. Là justement ou finissent les victimes du « démon », serial killer décomplexé en pleine furie meurtrière dans sa ville.
John est peut-être le mieux placé – et pour cause ! – pour l’arrêter…

Le point de vue du jeune John Wayne Cleaver, un sociopathe selon son psy, nous plonge dans les méandres d’un cerveau qui cache « le monstre » et la lutte pour ne pas franchir le cap, pour ne pas nourrir le monstre. En cela, Dan Wells nous offre à lire un roman plein d’ambiguité. L’enquête menée par John, agé de 15 ans seulement, est un angle original. Il se déplace à vélo, il est obligé de cacher ses absences à sa mère, il doit aller au lycée. On sort des enquêtes policières ou journalistiques classiques pour suivre l’évolution de cette petite ville confrontée à un serial killer.

La lecture de Je ne suis pas un serial killer est très agréable. Le point de vue du héros qui ne connait pas l’empathie à ce qu’il faut d’humour noir, de décalage et de crédibilité pour nous faire adhérer à l’histoire jusqu’au bout. Malheureusement, la tension accumulée jusqu’à la fin laisse un goût de non achevé. Les scénarii que l’on ne peut s’empêcher d’imaginer durant la lecture (c’est un des plaisirs des enquêtes que de deviner les arcanes de l’histoire) tombent à l’eau et laissent place à un final tendu mais sans grande surprise puisque tout est annoncé par avance.

Si la trilogie répond aux attentes escomptées, il n’en reste pas moins nécessaire de finir chaque roman qui la compose comme une unité individuelle qui doit se suffire à elle-même. Et tel n’est pas le cas ici. La part de fantastique trouble la lecture attendue. On est à un croisement de genre qui ne trouve sa satisfaction ni dans l’un ni dans l’autre.

Personnellement, et je ne pense pas être le seul, j’ai abordé les transformations physiques du tueur comme l’image projetée des fantasmagories de celui qui les observe, John Wayne Cleaver. Mes attentes en ce domaine correspondent à la surprise minimale auxquels je peux qualifier un livre de bon. Si l’auteur élabore une fin plus surprenante, j’adhère encore plus. Si ce n’est pas le cas, je reste sur ma fin.

Si l’on s’en tient au texte, sans extrapolation, alors on change de genre. J’ai envie de croire que toute la bonne presse autour de ce roman, n’est pas le seul fruit de la proximité thématique avec la très populaire série Dexter. Cela ne serait pas mérité et ne serait qu’un coup marketing pour nourrir les passionnés de tueurs en série d’un peu plus sur le domaine. Les fans de vampires savent jusqu’à quel point les industries cinématographiques, télévisuelles, ou littéraires peuvent aller quand ils exploitent un filon.

Le degré de surprise, d’étonnement que je désire en abordant un livre et très subjectif. J’ai trouvé dans American Psycho de Bret Easton Ellis une beaucoup plus grande liberté de l’auteur qui n’a écrit là que ce qu’il voulait y voir, presque rien de ce que les gens attendaient de lui. Ellis casse les codes, provoque de la gène, du trouble mais nous invite à un voyage littéraire unique.

Je ne suis pas un serial killer ne révolutionnera pas le genre, la suite, Mr Monster est déjà parue en poche tandis que le troisième, Nobody n’est pas encore sorti en poche. J’espère vraiment que la trilogie apportera plus que la somme des trois volumes mais rien n’est moins sûr.

Malgré cette critique en demi teinte, Je ne suis pas un serial killer est un roman intéressant, la structure est bien maîtrisée, bien équilibrée. La tension monte crescendo sans nous laisser respirer. C’est déjà beaucoup. Il y a tout de même beaucoup de talent chez cet auteur.

Livrepoche.fr, un livre, une poche…

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