Blanc autour de Wilfrid Lupano et Stéphane Fert

Blanc autour (2021) de Wilfrid Lupano (scénario) et Stéphane Fert (dessin)…

Le résumé de l’éditeur: 1832, Canterbury. Dans cette petite ville du Connecticut, l’institutrice Prudence Crandall s’occupe d’une école pour filles. Un jour, elle accueille dans sa classe une jeune noire, Sarah.
La population blanche locale voit immédiatement cette « exception » comme une menace. Même si l’esclavage n’est plus pratiqué dans la plupart des États du Nord, l’Amérique blanche reste hantée par le spectre de Nat Turner : un an plus tôt, en Virginie, cet esclave noir qui savait lire et écrire a pris la tête d’une révolte sanglante. Pour les habitants de Canterbury, instruction rime désormais avec insurrection. Ils menacent de retirer leurs filles de l’école si la jeune Sarah reste admise.
Prudence Crandall les prend au mot et l’école devient la première école pour jeunes filles noires des États-Unis, trente ans avant l’abolition de l’esclavage. Nassées au coeur d’une communauté ultra-hostile, quelques jeunes filles noires venues d’un peu partout pour étudier vont prendre conscience malgré elles du danger qu’elles incarnent et de la haine qu’elles suscitent dès lors qu’elles ont le culot de vouloir s’élever au-dessus de leur condition. La contre-attaque de la bonne société sera menée par le juge Judson, qui portera l’affaire devant les tribunaux du Connecticut. Prudence Crandall, accusée d’avoir violé la loi, sera emprisonnée…

Dès sa sortie, récente, la couverture de Blanc autour m’a attiré. Sans savoir quel en était le sujet, je me suis lancé. Wilfrid Lupano au scénario suffit à me rassurer et cela me permet de découvrir les charmes des dessins de Stéphane Fert.

En effet, Blanc autour, c’est une identité graphique. Difficile pour moi de décrire ses dessins. ils sont à la fois simple, à la manière d’albums jeunesse mais travaillé aussi avec des effets de chevauchement de couches. Sur le site de l’éditeur, j’ai vu une petite interview de Stéphane Fert qui explique sa technique atypique. Je vous invite à la visionner. En tous cas, j’ai aimé les personnages croqués par le dessinateur, l’univers graphique qui va très bien à ce scénario tiré de faits réels. La douceur des dessins désamorce la brutalité du fond.

L’histoire, n’est pas tendre et pourtant, Wilfrid Lupano nous emporte avec ses filles, leur questionnements, leurs vies, leurs convictions, leur désillusions. Et quoi qu’on en dise, les révolutions ne se font pas sans douleur. Mais au bout de cet obscurantisme, il y a la lumière radieuse de fleurs écloses germées dans la haine, les larmes et le sang.

Je conseille donc Blanc autour car c’est le genre de BD éducative indispensable pour ne pas oublier ce qu’a été la ségrégation, le racisme institutionnel, ce qu’on été les hommes, il y a pas si longtemps que ça.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

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