1Q84 LIVRE 3 DE HARUKI MURAKAMI

1Q84 Livre 3 Octobre – décembre (2010) de Haruki Murakami…

Traduit du japonais par Hélène Morita

Le résumé de l’éditeur de poche, iciSous le double scintillement de 1Q84, le temps s’accélère et les vérités se confondent. La voix du détective Ushikawa s’invite, oscillant entre révélation et menace, sur la trace d’Aomamé et Tengo. D’un reflet à l’autre, dans la clairvoyance hypnotique de ce troisième volet, le passé s’apprête à livrer son chaos au seuil d’un nouveau rêve…

Pour traverser les miroirs et aller gamberger dans le Grand Ailleurs, le mot de passe tient en quatre syllabes : Murakami. Ce Japonais volant n’a pas son pareil, en effet, pour distiller les nectars d’une oeuvre délicieusement somnambulique, de bout en bout hypnotique.

André Clavel – L’Express

Voila le dernier livre qui achève la trilogie! Enfin, je m’y attelle. Enfin, je le termine. 1Q84 de Haruki Murakami. Son oeuvre phare! Son chef-d’oeuvre? Et c’est tout à la fois de ce tome là et de l’ensemble de la trilogie que j’ai envie de parler.

Tout d’abord, ce que j’ai envie de conseiller à ceux qui seraient tenté de commencer cette trilogie 1Q84, c’est de se débarrasser des attentes de lecteurs occidentaux  que nous sommes, des attentes sur une histoire, où chaque chose à son utilité dans l’intrigue, où la fin répond à toutes les questions, etc… Avec Haruki Murakami, il n’y à rien de tout ça. Ne s’attendre à rien est la meilleure façon de ne pas être déçu.

Et mon sentiment à cet égard avec la fin de 1Q84 est encore plus mitigé que ce à quoi je ne m’attendais pas mais me permet d’émettre au moins une hypothèse sur le caractère de Haruki Murakami. A-t-il du mal à dire adieu à ses personnages pour les laisser vivre dans un temps suspendu après les dernières lignes? A-t-il du mal à donner toutes les réponses à ses lecteurs, préférant les laisser à leur propres explications? Est-ce une forme de fainéantise?

1Q84, plus qu’une histoire qui flirte avec pas mal de genre, c’est surtout un style. Il m’est impossible de dire ce qui relève du style de Haruki Murakami en version originale et ce qui relève de la traductrice mais le résultat est finalement ce qui me séduit le plus. Une ballade dans un univers unique. Une ballade agréable, étrange, intense et paradoxalement diluée. Mais cette dilution entraîne une affinité, une intimité avec les personnages principaux, narrateurs de l’histoire.

Pour le Livre 3, Haruki Murakami a eu la bonne idée de faire intervenir un 3e narrateur qui a pour effet immédiat de relancer l’intérêt de lecture, de dynamiser cette ultime partie et d’ajouter une tension supplémentaire. Mais ces ressorts dramatiques tombent à plat aussi si on les considère dans leur finalité et non pas dans leur existence propre.

Ce n’est donc, à mon sens, pas un chef d’oeuvre que cette trilogie car même s’il y a de quoi faire une métalecture sur la position d’un auteur de littérature que Haruki Murakami explore par le biais de son personnage principal, une fois de plus, il n’abouti pas sa réflexion, il la laisse en suspens, libre à l’interprétation du lecteur. Lourde responsabilité! Mais possiblement une facilité de l’auteur.

Je ne conseillerais donc cette trilogie 1Q84 qu’à des lecteurs déjà familiers de l’univers unique de Haruki Murakami.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

2 Comments
  1. j’ai l’impression que ce n’est pas une caractéristique de Murakami de ne pas donner de fin tranchée.. j’ai constaté ça aussi chez d’autres auteurs asiatiques ( Anchee Min et une autre dont j’ai oublié le nom, une auteure vietnamienne)

    • Ma culture en littérature asiatique est trop pauvre pour pouvoir en déduire des similitudes mais ce qui est sûr c’est qu’ils n’ont pas la même sensibilité et le même rythme que nous. Ils sont peut-être plus ancré dans une sorte de réel où les fins idéales n’existent pas!

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