Docteur Sleep de Stephen King

Docteur Sleep (2013) de Stephen King, traduit par Nadine Gassié…

Le résumé de l’éditeur: Danny Torrence, le petit garçon, qui, dans Shining, sortait indemne de l’incendie de l’Overlook Palace, est devenu un adulte. Alcoolique et paumé comme l’était son père, il est maintenant aide-soignant dans un hospice où, grâce aux pouvoirs surnaturels qu’il n’a pas perdus, il apaise la souffrance des mourants. On le surnomme Docteur Sleep. Lorsqu’il rencontre Abra, une fillette de 12 ans pourchassée par un étrange groupe de voyageurs, Danny va retomber dans l’horreur. Commence alors une guerre épique entre le bien et le mal…

Docteur Sleep, c’est une nouvelle fois la démonstration de Stephen King est un conteur d’histoires hors pairs. Là, il s’attèle à la suite de Shining et surtout, de ce qu’il est advenu du petit Danny Torrance, l’enfant lumière. Un exercice casse-gueule, vous en conviendrez tant Shining (roman et adaptation) est devenu une référence? Les chances de décevoir sont plus grandes que les chances de séduire. Et pourtant…

Stephen King, avec son habituelle justesse narrative, prend le temps de poser son univers, de reposer son univers. Et là, il explore la double thématique de l’atavisme (l’alcool) et celui de la violence, notamment sexuelle) contre les enfants. Et malgré la lourdeur de ses sujets, Docteur Sleep est un roman populaire, plus romanesque que sordide. Thriller fantastique convient bien pour le décrire. Le paranormal se dispute le social.

L’histoire retrace le parcourt de Danny sur une bonne trentaine d’années, un gros morceau de vie dont on ne se lasse pas. Le quotidien à construire, jour après jour, se battre contre cette société dévoreuse des faiblesses humaines, le combat de Danny Torrance est le combat de tous. S’ajoute à cela, la signature de Stephen King, l’étrange, le paranormal. Son originalité. Mais les pouvoirs peuvent être vus comme des métaphores. Les différences qui stigmatisent certains, bonnes ou néfastes, pour lesquelles chacune en fait une force ou une faiblesse.

Pas de surenchère horrifique ici. La mal est incarné, frontal, puissant et la tension du roman va crescendo jusqu’au bout. Stephen King n’élude aucun des éléments que contient son oeuvre. Docteur Sleep se referme magnifiquement et il reste à dire: bravo!


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

17 comments to “Docteur Sleep de Stephen King”
    • Oui beaucoup aimé. Le film devrait être bien car j’ai ouïe dire qu’ils avaient collé au roman. Et c’est pas con vu la qualité du roman.

  1. J’avais largué King à un moment de sa carrière où je l’avais jugé en creux de vague. J’étais en overdose le concernant. Le détonateur me fut Dreamcatcher. Le temps de 5 à 6 ans environ,je le perdis de vue. Le retour se fit sans récidive via le splendide 22/11/63. Depuis toutes les critiques de romans ultérieurs m’ont poussé à m’y remettre. La tienne me fait cet effet là itou. En compagnie de celle que tu as consacré à Joyland.

  2. Je n’ai surtout pas lu « Shining ». Ni vu d’ailleurs « (Horreur, malheur »). Je l’ai en rayon, il est gros, trop. Je le prend, le repose. Les mêmes gestes depuis des années. King écrit presque plus vite que l’on ne peut le lire. Je ne sais pas si c’est un compliment mais à mes yeux, si..!

    • Shining est d’un format correct. S’il l’écrivait aujourd’hui, il ferait bien 300 pages de plus.
      Quand à sa production, si tu t’y remets pas, c’est sûr, il va prendre beaucoup d’avance. 😉

  3. il me fait envie celui la comme la ligne verte. il faudra que je me les prenne. 22/11/63 est du très bon, je me suis avaler les 1000pages comme un rien. A priori, ils ont fait une série qui a l’air pas mal, point de vue critique. A voir

    • j’ai l’impression qu’à chaque fois qu’on cite des bons romans de King, on a tendance à ne pas s’arrêter et tous les titres viennent en tête. Je pense que mon prochain sera Dôme ou Ça qui sont dans ma PAL depuis des lustres.

  4. j’ai adorer dome que je me suis lu derriere mr Mercedes et carnets noir? J’ai ça aussi dans ma pal, de même que fin de ronde qui est la fin de mr Mercedes. je remarque que pour king, tout le monde a son livre favori et qui n’est jamais le même d’une personne a l’autre

    • @Chris: Remarque intéressante et pertinente qui a peut-être une explication qui vaut ce qu’elle vaut. King est prolifique, il écrit depuis les 70’s et touche profondément de nombreuses générations successives qui s’imprègnent (au même age charnière de leurs existences) de sa manière au premier titre lu de lui au point de citer celui-ci (et ses voisins chronologiques) comme étant son meilleur. Si ma théorie est exacte, en te disant que « Cà » m’est au pinacle de son oeuvre tu peux presque me donner mon âge.

    • Théorie interessante mais qui ne concerne, à mon avis, que les lecteurs ayant abordés le King par ses dernières sorties. Mais Quid du lecteur, comme moi, ayant débuter King que très récemment mais avec des oeuvres plus anciennes, Dead Zone en premier, que j’ai bien aimé mais qui ne sera pas mon King préféré.

    • Dans l’absolu, je serais plutôt d’accord avec toi. Ceux qui ont débuter avec le maitre dans les années 70 ont surement comme favori, Carrie ou Shining, ceux des années 80, Cujo, Simetierre, Misery ou Ça, etc…

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